La cérémonie du thé

  • Par the-stef
  • Le 06/08/2017
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Ceremonie du the 1

La cérémonie du thé Japonaise, vous en avez tous entendu parler. Cette cérémonie, intrinsèquement liée à la culture du Japon, est fameuse dans le monde entier, au moins en surface. En effet, savez-vous vraiment ce qu’est un maître du thé ? Comment la cérémonie s’est développée au cours des siècles ? Ou quels sont les aspects fondamentaux d’une cérémonie du thé? Dans cet article découvrirez tout ce que vous devez savoir sur le chanoyu

Qu’est-ce qu’une cérémonie du thé ?

Influencé par le Bouddhisme Zen, la cérémonie du thé cherche à purifier l'esprit et atteindre l'unité avec la nature. Une cérémonie du thé japonaise c’est la préparation de thé vert, selon des coutumes précises, pour des invités, et sa dégustation dans l'environnement calme, serein et austère. La façon selon laquelle la cérémonie est exécutée, ou l'art de sa performance, est connue sous le nom de (o)temae.

L'histoire du chemin du thé 

La cérémonie du thé a été modifiée à bien des égards au fil des ans. Tout débuta en 1191 quand Eisai, un moine Bouddhiste Zen japonais rapporta du Matcha de Chine. Le développement du mouvement Bouddhiste Zen au Japon favorisa la consommation de thé matcha et du rituel, que les moines avaient développés autour de la préparation et de la consommation de l'infusion.

Le service cérémonial du thé était initialement exclusivement pratiqué par la noblesse et les prêtres qui lui ont donné sa forme originale autour du milieu du quatorzième siècle. Sa popularité s’est ensuite progressivement étendue à tous les niveaux de la société japonaise durant le 15e et 16e siècles, jusqu'à ce que la cérémonie du thé actuelle soit finalement établie. Initialement réservé aux hommes, au début de l'ère Meiji (1868-1912) les femmes furent elles aussi autorisées à se joindre à la cérémonie.

The japonais ceremonie

Pas une mais deux cérémonies de thé

Ce que vous ne savez peut-être pas c’est qu’il y a en réalité deux différentes cérémonie du thé au Japon. La première, nommé senchado (la façon de sencha), est plus chinoise dans le style. Elle fut introduite au Japon au 17e siècle par Ingen, le fondateur de l'école de Bouddhisme Zen de Obaku. La cérémonie de thé Sencha est généralement réalisée avec du thé Sencha de grande qualité, le thé Gyokuro. La seconde et la plus fameuse cérémonie du thé japonaise est appelée Chado, Sado ou Chanoyu et est réalisée avec du thé matcha.


Qu’est-ce qu’un Maître du Thé ?

Un maître de thé est une personne qui est devenue 'maître' dans l'art du thé. Cela implique non seulement la connaissance des différents types de thés mais aussi la maîtrise de l'acte de préparer et du service. L'art de servir du thé durant une cérémonie du thé est une chorégraphie qui exige de nombreuses années d'étude. En effet, le plus petit mouvement a son importance et porte une profonde valeur morale.

 

Les maîtres du thé de la cérémonie du thé ‘Chado’

Murata Juko ou Shuko (1423-1502) est connu comme le fondateur du ‘service japonais du thé’. Il fut en effet le premier promoteur du style wabi-cha (simple et sain). Il étudia la philosophie Zen sous l’autorité du moine Ikkyu, qui revitalisa le mouvement Zen au 15ème siècle, et cela influença son concept du chanoyu.

Juko expose la plupart de ses principales théories sur la cérémonie du thé dans une lettre connue sous le nom de Kokoro no fumi ("la Lettre du cœur"). Kokoro no fumi souligne l’importance d’utiliser des céramiques japonaises, imparfaites et rustiques, côte à côte avec les céramiques chinoises, importées, aux formes régulières et parfaites. Juko souligné également quatre valeurs primordiales de la cérémonie du thé : kin-kei-sei-ji. Kin : une forme de révérence humble ; kei : le respect de la nourriture et de la boisson ; sei, la pureté du corps et de l’esprit ; et ji, un concept dénotant calme et liberté de l’emprise du désir.

Murata Juko fut aussi le professeur de Takeno Joo, qui poursuivit les enseignements de son maître soulignant la simplicité et le minimalisme comme concepts fondamentaux de la cérémonie du thé. Takeno Joo (1502-1555) était un maître de thé Chado durant la période Sengoku au 16e siècle. Il développa le concept d'ichi-go ichi-e, une philosophie selon laquelle chaque rencontre devrait être prisée car elle ne se reproduira jamais. Takeno Joo fut, à son tour, le professeur chanoyu de Sen Rikyu.

Sen Rikyu (1522-1591) est considéré comme le personnage historique le plus influent dans le développement de la cérémonie du thé. Il suivit le concept de son maître, le ichi-go ichi-e et, à partir du Kin-Kei-Sei-Ji de Shuko, développa les principes de Wa-Kei-Sei-Jaku (harmonie, respect, pureté et tranquillité).

Il fut le premier à souligner plusieurs aspects clés de la cérémonie, y compris la simplicité rustique, une approche directe et l'honnêteté envers soi-même. Rikyu utilisait des chambres de thé minuscules, rustiques, connues comme sōan, telle que la chambre de thé à deux tatamis, nommé Taian, qui fut désignée Trésor national.

Il développa également de nombreux ustensiles pour la cérémonie de thé, y compris des conteneurs pour les fleurs et des couvercles faits de bambou. Il est également connu pour son utilisation novatrice d’objets de tous les jours durant la cérémonie du thé.

À l'âge de 58 ans Sen Rikyu devint le conseiller de thé de l'empereur Oda et ordonna la création la création de céramique raku. Plus tard il servit le successeur d'Oda, Hideyoshi Toyotomi. En 1591, Hideyoshi Toyotomi ordonna à Rikyu de se faire hara kiri. Bien que les raisons soient peu claires il est probable que l'empereur se soit offensé d'une statue de Rikyu que les adeptes de ce dernier avaient construite.

Le décors d'une cérémonie du thé. Tout est méticuleusement planifié.

La chambre du thé (chashitsu) est généralement composée du traditionnel tatami quatre et demi, créé par Juko. Il y a des douzaines des lignes, réelles et imaginaires, qui s’entrecroisent, indiquant où les invités doivent s’assoir et déterminant le placement exact des ustensiles et d’une myriade d'autres détails. Lorsque la cérémonie est exécutée par un maîtres du thé, le placement des ustensiles varie minutieusement d’une cérémonie à l’autre.

Tenue vestimentaire : De nombreux mouvements et composants de la cérémonie du thé émanent du port du kimono. Les manches du kimono servent aussi de poches dans lesquelles sont déposées les kaishi utilisés.

Calligraphie : La calligraphie, principalement sous forme de rouleaux verticaux, joue un rôle central dans la cérémonie du thé. Les rouleaux, souvent écrits par de célèbres calligraphes ou moines Bouddhistes, sont accrochés dans le salon de thé. Ils sont choisis pour leur convenance en fonction de la saison et du thème spécifique de la réunion.

Repas : Dans les plats Kaiseki ou cha-kaiseki, uniquement des ingrédients saisonniers et frais sont utilisés et préparés afin d’augmenter leurs saveurs. Une grande attention est aussi portée à la présentation afin de faire ressortir l'aspect visuel et le thème du repas.

Arrangements floraux : Chabana (thé fleur) est le style, simple, d'arrangement de fleurs utilisé dans les cérémonies du thé. On dit que Chabana fut développé par Sen no Rikyu pour qui chabana devait donner la même impression que si les fleurs poussaient naturellement en plein air, dans la nature. Les matériaux artificiels ou hors saison ne sont jamais utilisés.

La prochaine fois que vous dégustez une tasse de thé Matcha ou Sencha, fermez les yeux et imaginez que vous vous trouvez dans une cérémonie du thé, servit par un maître du thé. Repensez à Sen Rikyu et à ses enseignements, oubliez vos préoccupations matérielles et focalisez-vous sur les concepts d'harmonie, de respect, de pureté et de tranquillité.

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